douleur abdominale

L’endométriose (Et l’approche ostéopathique)

INTRODUCTION[1]

 

Tout d’abord il faut démarrer par définir ce qu’est l’endométriose. Il s’agit d’un processus causé par la migration de cellules endométriales (l’endomètre est le tissu conjonctif qui tapisse les parois internes de l’utérus) via les trompes de Faloppe, que l’on nomme les tubes utérins. Ce processus de migration va développer du tissu endométrial en dehors de l’utérus, ce qui va entrainer des lésions, des adhérences et des kystes ovariens (endométriomes) dans les organes colonisés.

Cette migration[2]de tissu peut même aller jusque dans l’appareil digestif ou urinaire, en entrainant tout un tas de symptômes que l’on peut imaginer dans ces organes.

endometriose marguin

Le gros problème diagnostic est lié au fait que les symptômes sont variés d’une femme atteinte à l’autre.

La fatigue ressentie par les patientes, à cause des douleurs et des autres symptômes décrits plus bas, entraine une incompréhension de la part des proches des patientes, ce qui peut rendre la pathologie très difficile à vivre. La qualité de vie des femmes souffrant d’endométriose est très souvent impactée par la pathologie.[3]

 

Causes[4] :

 

Les causes ne sont pas bien connues et diverses théories sur le mode d’apparition existent. Il semble qu’une opération chirurgicale telle qu’une laparotomie, une césarienne ou une épisiotomie puissent augmenter la prévalence de la maladie. La métaplasie également, est un facteur aggravant, ou une lésion du col utérin par biopsie, electro-coagulation, ou conisation peut déclencher une endométriose.

Certaines patientes qui parviennent à tomber enceinte avec une endométriose semblent ressentir une diminution des symptômes pendant leur grossesse.

 

Prévalence :[5]

 

Officiellement 10% des femmes sont touchées. Cela représente plus de 2 millions de françaises !

En général, des femmes qui se sont plaint de douleurs gynécologiques pendant leur puberté peuvent être atteintes sévèrement par la maladie. Cependant, il n’est pas si rare de constater que des femmes ménopausées ou ayant subi, comme il est précisé plus haut, une opération gynécologique, puissent souffrir d’endométriose tardive. Cette survenue semble être corrélée avec un changement hormonal dû aux traitements de substitution.

Le gros souci est le retard de diagnostic dans la maladie (en moyenne 5 à 7 ans). Ce retard permet à la maladie de se développer.

 

DIAGNOSTIC

Que faire si je suspecte des signes d’endométriose ?[6]

La première chose à faire est de contacter votre gynécologue pour effectuer des vérifications. Il est important de poser le diagnostic au plus tôt.

C’est véritablement important car l’endométriose peut conduire à l’infertilité. Il est donc important de poser le diagnostic pour soulager vos douleurs mais aussi pour éviter que la situation ne s’aggrave et ne donne lieu à d’autres troubles.

1.   Symptômes :

La douleur[7]

La douleur sous toutes ses formes est le principal facteur. Dans plus de la moitié des cas, l’endométriose entraine de fortes douleurs telles que la dyspareunie (douleur pendant les rapports sexuels), la dysménorrhée (règles douloureuses), des douleurs pelviennes, des douleurs lombaires, abdominales, des douleurs à la défécation.

Photo by nensuria/iStock / Getty Images

Évidemment, et malheureusement, la douleur ne passe pas avec un antalgique ou un antispasmodique, comme pour une dysménorrhée primaire.

70% des patients souffrent de douleurs chroniques invalidantes.

La douleur varie au moment du cycle. Elle est souvent à son paroxysme au moment des règles ou de l’ovulation.

Elle handicape et empêche certaines personnes de faire le moindre effort physique ou même de rester debout. Dans des cas extrêmes, certaines patientes ne peuvent ni travailler, ni même cuisiner.

L’infertilité[8]

40% de patients en souffrent.

Troubles digestifs

Diarrhées ou constipations, rectorragies, ballonements.

Troubles urinaires[9]

Brûlure à la miction, sang dans les urines, miction fréquente.

L’endométriose vésicale (endométriose dans la vessie) entraine la création de nodules dans la vessie. Ce développement de nodules entraine une dysurie voire la présence de sang dans les urines. C’est le diagnostic différentiel de l’infection urinaire. 

On peut trouver également des cas d’endométriose urétrale avec la création de nodules dans les uretères et la diminution du calibre de ceux-ci. Ceci entraine une hyperpression rénale et des lésions irréversibles.

Fatigue chronique[10]

Elle est liée à la douleur nocturne empêchant de dormir, et également à la dysurie réveillant la patiente la nuit.




2.   Radiologie[11]:

L’echographie permet de déceler la présence de kystes ovariens. 

L’IRM est un examen de seconde intention en général et permet de visualiser les lésions d’endométriose, des kystes ou des nodules.

L’hystérographie qui est un examen radiologique, permet de rechercher des malformations utérines, des déformations causées par des adhérences ou la perméabilité des trompes utérines.

L’uroscanner ou le coloscanner pour explorer les tissus en précision et détecter le cas échéant des formes d’endométriose sévère.

 

3.   La chirurgie[12] :

La cœlioscopie permet, par passage d’une caméra via le nombril, va visualiser l’ensemble des lésion causées par l’endométriose, et de faire une biopsie pour analyser les tissus.

La laparotomie n’est presque plus utilisée.

 

TRAITEMENTS[13]

L’endométriose est une maladie hormono[14]-dépendante. Aussi, on peut la traiter de manière allopathique, en utilisant des traitements hormonaux.

 

1.    Prescription de pilule contraceptive ou stérilet hormonal,

2.    Cure de ménopause artificielle,

3.    Traitement chirurgical EN DERNIER RECOURS,

4.    Médecines[15]douces (acupuncture, mésothérapie, ostéopathie[16][17], hypnothérapie et méditation en pleine conscience, sophrologie[18]),

5.    Conseils hygiéno-diététiques (On dit stop à la malbouffe et on cuisine, On arrête de passer ses journées dans le canapé, et on va marcher !)

 

PROTOCOLE DE TRAITEMENT OSTEOPATHIQUE

Une fois le diagnostic posé par le gynécologue, il est essentiel de consulter un ostéopathe expérimenté. Surtout, rassurez-vous ! L’ostéopathe ne pratique pas de techniques internes, donc vous pouvez y aller en toute confiance.

Le traitement ostéopathique a pour but de redonner une bonne flexibilité au tissu conjonctif afin d’augmenter ses capacités de drainage vasculaire. En résumé, un tissu flexible fonctionne mieux qu’un tissu fibreux. La fibrose[19]survient quand le tissu conjonctif cicatrise à la suite d’une lésion. On obtient donc du tissu fibreux. Ce tissu fibreux est du tissu « mort » en quelques sortes.

Le principe de la mobilisation ostéopathique, est d’une part de limiter la fibrose en mobilisant les zones à risque (proche des zones déjà fibrosées), et de favoriser le drainage vasculaire en évitant la propagation.




Afin de réaliser le traitement ostéopathique, il existe plusieurs voies d’approche :

-      Le traitement viscéral, qui consiste en des mobilisations de la zone du petit bassin, de l’hypogastre. (Attention aux thérapeutes qui proposent des techniques internes. Elle sont réservées aux médecins !).

-      Le traitement structurel qui consiste en des mobilisations articulaires des zones du bassin, de la charnière dorso-lombaire.

-      Le traitement crânien afin de travailler sur le système nerveux autonome, et le nerf vague en particulier,

-      Le traitement des fasciae, (à ne pas confondre avec le traitement de la face) afin de travailler sur les membranes des muscles du petit bassin et de l’abdomen.

 

Le traitement ostéopathique permet d’avoir rapidement une amélioration des symptômes digestifs, une diminution nette des douleurs dorso-lombaires, et des règles moins abondantes et plus régulières.

Évidemment, plus la pathologie est chronique, plus le traitement est long, mais une approche pluridisciplinaire, et une implication de la patiente dans son traitement, va augmenter les chances de guérison rapide.

Je conseille de faire une activité physique, afin de favoriser également le drainage vasculaire et de stimuler le métabolisme. Évidemment, n’importe quel sport pratiqué n’importe comment, n’est pas conseillé, mais une pratique raisonnée d’un sport raisonnable, est plus que conseillé (Yoga, Shiatsu, Tai-Chi, même la course à pieds minimaliste, etc.)

Je conseille également très fortement d’avoir une alimentation équilibrée, et de pratiquer la méditation en pleine conscience. Jon Kabat-Zinn, déjà en 1985 a démontré que la méthode diminuait l’intensité et la répercussion émotionnelle de la douleur d’un point de vue général. Par ailleurs, il est démontré que des aliments riches en Omega 3, 6 et 9, comme l’huile de lin, de noix, avaient des vertus anti-inflammatoires. De la même manière, les fruits rouges sont anti-oxydants.





[1]https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2018-01/pris_en_charge_de_lendometriose_-_argumentaire.pdf

[2]https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30240947

[3]http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2018/03/06/redefinir-l-endometriose-a-l-age-moderne-par-le-dr-david-redwine-l-essenti.html

[4]https://www.pourquoidocteur.fr/MaladiesPkoidoc/1094-Endometriose-une-cause-meconnue-des-regles-douloureuses

[5]https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/endometriose

[6]http://www.chu-poitiers.fr/reponses-aux-questions-sur-lendometriose/

[7]http://sante.lefigaro.fr/sante/maladie/endometriose/quest-ce-que-je-ressens

[8]https://www.endofrance.org/la-maladie-endometriose/symptomes-endometriose/infertilite/

[9]https://eurekasante.vidal.fr/maladies/sexualite-contraception/endometriose.html?pb=symptomes

[10]https://www.santemagazine.fr/actualites/actualites-sante/endometriose-la-fatigue-chronique-un-symptome-largement-sous-estime-332432

[11]https://www.endofrance.org/la-maladie-endometriose/experiences-temoignages-patientes/lirm-pelvien-pour-le-diagnostic-dendometriose/

[12]https://www.topsante.com/medecine/gyneco/endometriose/endometriose-tout-savoir-sur-l-operation-245787

[13]https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29510966

[14]https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28495187

[15]https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29510963

[16]https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28750966

[17]https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27681520

[18]https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28496368

[19]https://www.hopital-prive-lacasamance.fr/fr/actualites/id-107-le-dr-thomas-perez-gynecologue-nous-parle-de-l-endometriose