Arnaud Marguin — Ostéopathe D.O.
Diplômé de l'École d'Ostéopathie de Genève (2006)
Inscrit au General Osteopathic Council (GOsC) — n°8938
Membre du Registre des Ostéopathes de France (ROF)

Syndrome algo-dysfonctionnel de l'appareil manducateur
On arrive rarement sur cette page par hasard : un dentiste ou un ORL a prononcé le mot, ou vous avez tapé vos symptômes, une mâchoire qui fait mal, qui claque, une oreille qui semble bouchée alors que l'examen ne trouve rien, et le mot SADAM est sorti. Cette page explique ce que c'est, ce qui l'entretient, et ce qui se traite, par qui et dans quel ordre. J'y décris aussi ce que je fais au cabinet, et ce que je ne fais pas.
Le SADAM (Syndrome Algo-Dysfonctionnel de l'Appareil Manducateur), également appelé syndrome de Costen, désigne un ensemble de symptômes liés à un dysfonctionnement de l'articulation temporo-mandibulaire (ATM). Ce syndrome regroupe les douleurs et les troubles fonctionnels qui affectent la mâchoire, les muscles masticateurs et les structures associées.
Le mot a vieilli : dentistes et chirurgiens maxillo-faciaux parlent aujourd'hui de dysfonctionnement de l'appareil manducateur (DAM) ou de dysfonction temporo-mandibulaire (DTM) ; les patients continuent de dire SADAM, et certains cherchent « maladie de SADAM ». Ce n'est pas une maladie au sens d'une lésion à trouver sur une radio. C'est un syndrome, un ensemble de signes qui vont ensemble, avec plusieurs mécanismes possibles derrière, et c'est pour cela que le traitement n'est jamais un seul geste.
Le SADAM est une affection fréquente. Les symptômes peuvent être d'intensité variable, allant d'une simple gêne à l'ouverture buccale jusqu'à des douleurs qui pèsent sur la vie quotidienne (alimentation, parole, sommeil).
L'articulation temporo-mandibulaire (ATM) relie la mandibule (mâchoire inférieure) à l'os temporal du crâne, de chaque côté du visage, juste en avant de l'oreille. Elle fait intervenir plusieurs structures : les muscles masticateurs (temporal, masséter, ptérygoïdiens médial et latéral), un disque articulaire fibrocartilagineux, des ligaments et une capsule articulaire.
L'ATM est l'une des articulations les plus sollicitées du corps humain. Elle intervient dans la mastication, la phonation, la déglutition et le bâillement. Son bon fonctionnement repose sur une coordination précise entre les structures musculaires, articulaires et dentaires.

Les manifestations du SADAM sont variées et peuvent concerner la mâchoire elle-même, mais aussi des zones voisines. Les symptômes les plus fréquemment rencontrés incluent :
Ces symptômes peuvent être unilatéraux ou bilatéraux, constants ou intermittents. Une douleur de la mâchoire n'a pas toujours une cause unique.
Les troubles de l'ATM sont souvent multifactoriels. Parmi les facteurs fréquemment retrouvés :

Le claquement seul, sans douleur, est la situation la plus fréquente et la moins inquiétante. Le disque qui coiffe le condyle glisse légèrement en avant, la mâchoire le rattrape à l'ouverture, et c'est ce rattrapage que l'on entend. Un clic isolé, sans douleur et sans limitation, ne se traite pas. Il ne s'aggrave pas forcément, et beaucoup de gens vivent avec toute leur vie.
La mâchoire qui dévie à l'ouverture, ou qui semble décalée, traduit le plus souvent un côté qui bouge moins que l'autre, par tension musculaire ou par gêne du disque. C'est le tableau où le travail manuel a le plus de sens : l'asymétrie se corrige quand les deux côtés retrouvent la même liberté.
Le blocage est autre chose : une bouche qui ne s'ouvre plus que de deux doigts, du jour au lendemain, souvent après des mois de claquements, parce que le disque est resté en avant et gêne le passage. Une partie de ces blocages se libère avec le temps et un travail doux, mais l'avis d'un stomatologue ou d'un chirurgien maxillo-facial est utile, avec une IRM si le blocage persiste. À l'inverse, une bouche qui reste ouverte et ne se referme plus est une luxation de la mandibule. Ce n'est pas une consultation d'ostéopathie, c'est un service d'urgences, où la réduction se fait en quelques minutes.
Certains patients arrivent avec une liste : la mâchoire, mais aussi la nuque, une épaule, parfois le bas du dos, et la question de savoir si tout vient de la mâchoire. La réponse tient en deux temps.
La mâchoire et le haut de la nuque sont réellement liés. Ils partagent leurs relais nerveux, leurs muscles se recrutent ensemble quand on serre, et une personne qui a mal d'un côté mastique de l'autre et finit par tenir sa tête de travers. La nuque et le haut des épaules font donc partie du tableau, et l'examen les inclut toujours.
Le bas du dos, une hanche, un genou, c'est une autre histoire. Les revues systématiques qui ont cherché un lien entre la posture de la tête et du corps et les troubles de la mâchoire trouvent un lien faible et inconstant. Quand une lombalgie et un SADAM coexistent, je les traite comme deux problèmes qui se croisent, pas comme une cause et sa conséquence, et je me méfie des explications où la mâchoire explique tout.
Beaucoup de patients consultent d'abord un ORL, persuadés d'avoir un problème d'oreille. L'examen ne trouve rien, et la douleur persiste.
L'explication est anatomique. L'articulation temporo-mandibulaire se situe juste devant le conduit auditif, à quelques millimètres. Les deux structures partagent leur innervation, issue du nerf trijumeau. Une articulation irritée envoie donc un signal que le cerveau peut localiser dans l'oreille, alors que l'oreille elle-même va très bien.
Ce mécanisme explique aussi les sensations d'oreille bouchée, les acouphènes intermittents et les douleurs qui descendent vers la gorge. Les acouphènes sont d'ailleurs plus fréquents chez les personnes qui ont un trouble de la mâchoire que dans la population générale ; une méta-analyse de 2019 le confirme, sans dire que la mâchoire en est la cause chez chacun. Quand le sifflement change d'intensité en serrant les dents ou en tournant la tête, la mâchoire et la nuque y participent, et c'est le cas où un travail manuel peut aider. Quand il ne change pas, ou qu'il est apparu avec une baisse d'audition, l'oreille elle-même est en cause, et cela se règle avec l'ORL. J'ai détaillé ce tri sur une page consacrée aux acouphènes, et le cas des vertiges sur une autre.
Cela dit, une douleur d'oreille persistante, unilatérale, accompagnée d'une baisse d'audition, de fièvre ou d'un écoulement n'est pas un SADAM. Elle relève d'un avis médical.
Le lien est réel et il a une explication mécanique simple. Sous tension, on serre les dents. Les muscles masticateurs comptent parmi les plus puissants du corps rapporté à leur taille, et ils peuvent maintenir cette contraction des heures, y compris la nuit sans qu'on le sache.
Un muscle qui ne relâche jamais devient douloureux, et il tire en permanence sur l'articulation. C'est ainsi qu'une période difficile au travail se traduit, six semaines plus tard, par une mâchoire qui bloque au réveil.
Le signe qui ne trompe pas : la douleur est maximale le matin, ou après une journée tendue. Elle s'améliore en vacances.
La question a son importance. Une douleur strictement unilatérale oriente vers un dysfonctionnement de l'articulation de ce côté : le disque articulaire, une usure, un déséquilibre de mastication installé — parfois lié à une dent absente ou à un travail dentaire ancien.
Une douleur des deux côtés évoque plutôt une origine musculaire, typiquement un serrement ou un grincement nocturne, qui sollicite symétriquement les masséters et les temporaux.
L'examen cherche à faire cette distinction, parce qu'elle change la prise en charge : rééquilibrer une articulation ou relâcher une musculature n'appelle pas le même travail.
C'est l'aspect le plus déroutant pour les patients, et l'une des recherches les plus fréquentes, « SADAM et troubles neurologiques » : maux de tête, douleurs cervicales, tensions dans les épaules, parfois vertiges ou fourmillements du visage.
Deux mécanismes se combinent. D'abord la proximité fonctionnelle entre la mâchoire et le rachis cervical haut : ces deux régions partagent des relais nerveux, et une irritation de l'une se traduit volontiers par une douleur de l'autre. Ensuite l'adaptation posturale — un patient qui souffre d'un côté mastique de l'autre, ce qui installe des asymétries qui remontent vers la nuque. La fatigue visuelle ou une douleur derrière l'œil s'expliquent de la même façon, par le muscle temporal et par le trijumeau, qui innerve aussi l'orbite. Une vision qui baisse ou qui se dédouble, non.
Une réserve importante : ce raisonnement ne doit jamais servir à tout expliquer par la mâchoire. Un fourmillement du visage, un trouble de la vision, une faiblesse musculaire ou un mal de tête inhabituel imposent un avis médical avant toute prise en charge manuelle.
Il n'y a pas un traitement du SADAM, il y en a plusieurs, et l'erreur classique est d'en essayer un seul, longtemps. Voici l'ordre dans lequel ils se combinent chez la plupart des patients.
La première étape ne coûte rien. Savoir que la mâchoire au repos doit être dents écartées, langue au palais, lèvres closes. Repérer les moments de la journée où l'on serre, devant l'écran, au volant, en salle de sport. Bâiller en retenant le menton. Manger mou pendant une crise, et ranger le chewing-gum. Ces consignes seules font souvent baisser la douleur en deux ou trois semaines.
C'est le cœur de ce que je propose, parce que c'est ce qui est le mieux étayé : une méta-analyse de 2016 portant sur les troubles temporo-mandibulaires conclut que la thérapie manuelle, seule ou combinée aux exercices, réduit la douleur et améliore l'ouverture de la bouche, avec un niveau de preuve que ses auteurs jugent encore modeste ; une autre, de 2020, montre que le travail sur la région cervicale y contribue. Concrètement : relâchement des masséters et des temporaux, travail intra-buccal sur les ptérygoïdiens si le tableau l'impose, mobilisation lente de l'articulation, traitement du haut de la nuque, puis deux ou trois exercices à refaire chez vous. Un kinésithérapeute formé au maxillo-facial fait un travail proche, et les deux se relaient bien.
Prescrite et réalisée par le dentiste, elle protège les dents de l'usure et diminue la charge sur l'articulation pendant la nuit. Elle ne corrige pas le serrement de la journée, et elle ne remplace pas le travail sur les muscles. C'est un outil de plus, précieux quand le bruxisme nocturne est net.
Un traitement court, antalgique ou myorelaxant, prescrit par un médecin, aide à passer une crise ; il ne soigne pas la cause. La toxine botulique dans les masséters se discute avec un spécialiste dans les formes sévères qui résistent à tout le reste, et son effet est temporaire. La chirurgie de l'articulation est rare, réservée aux blocages irréductibles et à quelques situations précises, et elle ne se décide jamais sans avoir épuisé ce qui précède.
La question revient souvent, parfois sous la forme « j'ai guéri du SADAM », tapée par quelqu'un qui cherche des témoignages. Ce que je peux dire d'honnête : les formes musculaires, les plus fréquentes, régressent le plus souvent en quelques semaines à quelques mois quand on combine ce qui précède, et beaucoup de patients finissent par ne plus y penser. Les formes articulaires anciennes s'améliorent, sans toujours redevenir silencieuses. Un clic indolore qui persiste n'est pas un échec, c'est une articulation qui a trouvé un autre équilibre.
Ce qui freine, ce sont toujours les mêmes choses : un serrement de jour qui n'a pas été repéré, un sommeil court, une période de tension qui se prolonge. La rechute existe, et elle se traite plus vite que le premier épisode, parce que vous savez déjà quoi faire.
La consultation débute par un entretien détaillé (antécédents, mode de vie, contexte de survenue des symptômes), suivi d'un examen clinique portant sur la mobilité de l'ATM, les tensions des muscles masticateurs, la posture cervicale et la dynamique d'ouverture buccale.
Selon le contexte clinique, l'ostéopathe peut utiliser des techniques manuelles douces visant à :
Des conseils pratiques sont proposés à chaque séance : exercices de relâchement musculaire, adaptation posturale, gestion des habitudes de serrement diurne.
Le SADAM relève souvent d'une prise en charge pluridisciplinaire. L'ostéopathie s'inscrit en complément des autres approches et ne se substitue pas aux traitements dentaires, orthodontiques ou médicaux indiqués.
Selon la situation clinique, une collaboration peut être indiquée avec :
Oui, et c'est même la règle sur cette région. Le travail sur la mâchoire et sur les cervicales hautes se fait par des techniques douces : relâchement musculaire, travail sur les tissus, mobilisations lentes. Le bruit articulaire n'est ni un objectif ni un signe d'efficacité.
Si l'idée d'une manipulation vous inquiète, dites-le en début de séance. Il existe toujours une alternative, et une séance qui angoisse le patient ne détend aucun muscle.
L'ostéopathe n'intervient pas sur les causes dentaires ou orthodontiques du SADAM. Certaines pathologies de l'ATM (arthrose avancée, luxation discale irréductible, pathologies tumorales) relèvent d'un avis médical spécialisé. La prise en charge ostéopathique est toujours adaptée au contexte clinique de chaque patient.
Deux à quatre séances, espacées de deux à trois semaines, suffisent dans la plupart des cas pour savoir où l'on va ; les exercices entre les séances comptent autant que les séances elles-mêmes. Si rien n'a changé à la troisième, je ne prolonge pas : c'est le diagnostic qu'il faut revoir, avec le dentiste ou un spécialiste. La consultation coûte 100 €, sans ordonnance. La Sécurité sociale ne rembourse pas l'ostéopathie ; la plupart des mutuelles en prennent une partie sur facture.
Le cabinet est au 9 rue du Regard, entre les métros Rennes et Saint-Placide, à mi-chemin entre Saint-Germain-des-Prés et le jardin du Luxembourg. J'exerce depuis vingt ans, dans un cabinet qui réunit médecine générale, gynécologie et gastro-entérologie, ce qui simplifie les choses le jour où un avis médical s'impose. Les consultations se font en français, en anglais ou en portugais, et le rendez-vous se prend en ligne.
📍 Cabinet d'ostéopathie
9 Rue du Regard, 75006 Paris
🚇 Métro : Saint-Placide / Rennes / Sèvres-Babylone
Une première consultation n'engage à aucun protocole. On fait le point, on vous examine, et la suite se décide ensemble.
Pour un créneau rapide, le plus simple est d'appeler.
Vous venez de loin ? Appelez avant de vous déplacer, on vérifie ensemble que ça en vaut la peine.
4,9/5 sur Google, 29 avis · 20 ans de pratique · inscrit au GOsC (Royaume-Uni)
Les informations présentes sur cette page sont à visée informative.
Elles ne remplacent pas une consultation médicale.
Arnaud Marguin — Ostéopathe D.O.
Diplômé de l'École d'Ostéopathie de Genève (2006)
Inscrit au General Osteopathic Council (GOsC) — n°8938
Membre du Registre des Ostéopathes de France (ROF)